Principes de communication et rôle social du chercheur en matière de transfert de connaissances : une dualité source de questionnements éthiques

Essai/ Essay (PDF)

Annie Carrier, Chaire Politiques, connaissances et santé (PoCoSa), Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal; Institut de Recherche en Santé Publique de l’Université de Montréal (IRSPUM), Montréal, Canada; École de réadaptation, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Sherbrooke, Canada
Damien Contandriopoulos
, Chaire Politiques, connaissances et santé (PoCoSa), Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal; Institut de Recherche en Santé Publique de l’Université de Montréal (IRSPUM), Montréal, Canada

Reçu/Received: 21 Jan 2016 Publié/Published: 16 Sept 2016
Éditeurs/Editors: Maude Laliberté & Jean Poupart
Travail créatif/Creative work: Turcot A. « Médecine à deux vitesses à la manière de SUCCESs » ou « Deux poids deux mesures ou Quod licet Iovi, non licet bovi c’est-à-dire “ce qui est permis à Jupiter ne l’est pas aux vaches” » BioéthiqueOnline 2016;5/25

2016 A Carrier, D Contandriopoulos, Creative Commons Attribution 4.0 International License (bioethiqueonline.ca/5/26)

Résumé

Summary

La science ayant notamment pour but de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et au mieux-être de la population, les chercheurs ont à produire et à partager des connaissances. Or, pour ce faire, l’utilisation de certaines stratégies potentiellement plus efficaces soulève des questionnements éthiques. Le présent article explore sommairement ces questionnements en s’intéressant à la dualité relative au format du message et au rôle social du chercheur. Because science aims to contribute to the improvement of living conditions and the well-being of the population, researchers have to produce and share knowledge. However, the use of certain potentially more effective strategies raises ethical questions. This article briefly explores these questions by focusing on the duality of the message format and the social role of the researcher.

Mots clés

Keywords

activisme, communication scientifique, principes de marketing, rôle social du chercheur, politique, stratégies de transfert de connaissances activism, scientific communication, marketing principles, social role of the researcher, policy, knowledge transfer strategies

Correspondance / Correspondence

Annie Carrier, Annie.Carrier@USherbrooke.ca 

Remerciements

Acknowledgements

Le stage postdoctoral de Annie Carrier est appuyé financièrement par les Instituts de recherche en santé du Canada, de même que le Centre de recherche médicale de l‘Université de Sherbrooke. Damien Contandriopoulos est titulaire de la Chaire Politiques, Connaissances et Santé (PoCoSa) de l’Université de Montréal. Annie Carrier’s postdoctoral fellowship is financially supported by the Canadian Institutes of Health Research (CIHR) as well as the Centre de recherche médicale of the Université de Sherbrooke. Damien Contandriopoulos is the holder of the Policies, Knowledge and Health (PoCoSa, Politiques, Connaissances, Santé) Chair of the Université de Montréal.

Conflit d’intérêts

Conflicts of Interest

Aucun déclaré None to declare

Introduction

Au fil de son essor, la science a tenu un rôle central dans l’amélioration des conditions de vie des populations. En effet, les découvertes et les connaissances générées ont pu guider le développement d’une organisation sociale, de politiques et de programmes favorisant le mieux-être des personnes. Afin d’assurer cette progression sociale et d’améliorer ce mieux-être, la société soutient donc financièrement les chercheurs et s’attend d’eux qu’ils développent l’état des connaissances. Pour atteindre ces objectifs, les connaissances développées dans le domaine des sciences sociales et de la santé doivent être partagées aux utilisateurs de connaissances [1]. Les utilisateurs potentiels sont multiples et comprennent la population, les travailleurs du réseau de la santé (gestionnaires, cliniciens ou autres) et les organisations qui les représentent (ex. : ordres professionnels, syndicats) de même que les décideurs politiques. Le partage ou transfert des connaissances fait donc partie des actions attendues des chercheurs. D’ailleurs, les possibilités de financement de la recherche en santé comportent généralement des exigences en matière de stratégies de transfert des connaissances.

Malgré l’importance manifeste du transfert des connaissances dans la réalisation du rôle social des chercheurs [1], les résultats obtenus demeurent modestes. Par exemple, en termes d’interventions de santé, il est estimé qu’un délai de près de dix ans sépare la production de la connaissance de son utilisation en clinique. De même, des décisions structurantes continuent d‘être prises sur des bases politiques sans tenir compte des données scientifiques [2]. Une explication de ces résultats mitigés en matière de transfert de connaissances pourrait résider dans le type de stratégies utilisées.

D’abord, les stratégies de transfert de connaissances se limiteraient trop souvent aux discussions entre pairs telles que les conférences et les articles scientifiques [3]. Ces discussions demeurent peu accessibles et peu fréquentées par le grand public, notamment en raison du langage hermétique et des conventions de communication scientifique. Ensuite, lorsqu’elles visent d’autres publics, les stratégies apparaîtraient mal adaptées au contexte. En effet, selon que le milieu soit ouvert aux nouvelles connaissances (zone paradisiaque), indifférent (zone marécageuse) ou encore, divisé (zone de polarisation), les stratégies optimales de transfert de connaissances varient [4]. Dans les zones de polarisation, les stratégies devraient notamment inclure la persuasion, et l’art de la rhétorique qu’elle suppose, de même que l’activisme (via notamment une coalition d’acteurs). Enfin, en raison du langage et des conventions scientifiques, la façon de communiquer les connaissances correspondrait peu aux principes d’une communication efficace tels que préconisés en sciences de la communication, en marketing et en psychologie cognitive.

Or, la communication des connaissances à divers publics dans un contexte polarisé et dans le but avoué d’influencer les prises de décision, qu’elles soient cliniques, organisationnelles ou politiques, soulève des questionnements d’ordre éthique. Développé en collaboration avec l’artiste Karine Turcot, le projet pour l’évènement Art + Bioéthique se veut une démarche exploratoire de ces questionnements. Le projet de l’artiste vise à explorer, sous forme visuelle, les symboles, les intérêts et les interrelations liés à chacun des publics-cibles de même que les pièges inhérents à la communication. Pour sa part, la production écrite des chercheurs explore sommairement les questionnements éthiques liés à l’utilisation des principes de communication efficace et à l’activisme. D’abord, les conventions scientifiques relatives à la communication des résultats de recherche seront contrastées avec les principes de communication efficace. Ensuite, la vision dichotomique du rôle social du chercheur quant au transfert de connaissances sera étayée. Enfin, les questionnements éthiques sous-jacents seront soulevés.

Transfert de connaissances et forme du message : conventions scientifiques et principes de communication efficace

La formation du chercheur inclut le respect de conventions scientifiques [1], notamment dans la présentation des résultats de recherche. Ces normes reposent sur les valeurs d’honnêteté, de réflexion et de rigueur [1]. Le chercheur est en quelque sorte gardien de la vérité des faits [7]. La communication scientifique implique donc un souci du détail et de la nuance qui ne favorisent pas d’emblée un transfert de connaissances efficace, c’est-à-dire un transfert de connaissances ayant exercé une influence instrumentale ou délibérée auprès du public visé [4]. En effet, pour avoir un impact, le message ainsi formaté présuppose que les chercheurs s’assurent d’abord de combler le déficit de savoir du public qu’ils visent [2], ce qui n’est pas une tâche simple. Parallèlement, l’utilité et l’influence des médias en font des partenaires incontournables à qui veut exercer un impact dans la sphère publique. Outre la volonté d’informer le public et d’influer davantage sur les décisions organisationnelles et politiques, les difficultés de financement de la recherche et, en conséquence, le désir de stimuler les investissements, sont également de puissants motivateurs à la médiatisation de la science. Ainsi, de façon grandissante, la science et sa communication se sont médiatisées, c’est-à-dire qu’elles se sont tournées vers les médias traditionnels et sociaux [2].

Or, tant la communication vers un public non scientifique que celle qui se réalise via les médias répondent à des impératifs qui divergent des normes scientifiques. Afin de capter l’attention et, ultimement, être efficaces, les efforts de communication du chercheur doivent respecter certains principes communicationnels basés sur la psychologie cognitive et le marketing. Ces principes peuvent se résumer par l’acronyme anglais SUCCESs [5] : Simple – Unexpected – Concrete – Credible – Emotional – Stories. Selon ces principes, le chercheur formule une idée simple, mais complète résumant le cœur des connaissances à transmettre. En soi, ceci implique de réduire à sa plus simple expression le message et, conséquemment, d’abandonner les nuances propres et habituelles à la communication scientifique. Pour générer intérêt et curiosité et faciliter l’ancrage cognitif, cette idée doit être présentée, respectivement, de façon inattendue et concrète. Pour ce faire, l’utilisation d’images, d’un langage concret (par opposition au langage scientifique, souvent abstrait et technique) ou d’expériences vécues est à favoriser. Le message doit permettre à l’idée d’avoir son propre mérite ou, encore, doit recourir aux symboles permettant d’établir sa crédibilité. Ici, la réputation du chercheur et sa rigueur peuvent rendre le message crédible. Enfin, la trame narrative importe : le message doit préférablement susciter l’émotion et être de format anecdotique. Ce recours à l’émotion et à l’anecdote peut entrer en contradiction avec l’objectivité et la structure de présentation scientifiques. Ainsi, dans le but d’influencer, le chercheur qui respecte ces six principes peut être mené à renoncer à certaines caractéristiques communicationnelles propres à la science et à ses valeurs sous-jacentes. Or, se conformer à ces principes dénature-t-il le rôle du chercheur? Au-delà des principes à respecter dans la forme du message, la conception de ce rôle est au cœur du choix des stratégies et actions utilisées pour propager le message.

Transfert de connaissances et rôle du chercheur : expert-conseil ou activiste?

Le rôle social du chercheur en matière de création de connaissances apparaît beaucoup mieux établi que celui relatif à leur transfert. En effet, quoiqu’il semble exister un consensus quant à la nécessité de transférer les connaissances, aucune norme quant à l’ampleur et l’étendue des stratégies à utiliser n’est disponible [6]. Plus largement, il n’existe pas non plus de consensus concernant l’objectif poursuivi par le transfert de connaissances. Par exemple, pour Arendt, le chercheur a pour rôle de décrire le monde [7]. Si, par ses stratégies de transfert de connaissances, il vise à changer les conditions du monde, le chercheur entre dans la sphère de l’action politique et n’assume plus son rôle scientifique. Ainsi, en s’aventurant dans l’action politique, le chercheur délaisse la vérité descriptive pour l’opinion [7]. Or, qui dit opinion, dit subjectivité, subjectivité présente dans le désir du chercheur d’influer sur les choix politiques selon les résultats de ses recherches. Ce désir comporte des limites intrinsèques : d’une part, une vision restreinte d’une situation donnée et, d’autre part, ses propres valeurs et idéologies. En effet, les chercheurs auraient tendance à axer leurs recommandations sur une perspective microscopique liée à leurs recherches, plutôt que sur une perspective macroscopique englobant une variété de connaissances [2]. Puis, à l’instar de celles d’autres personnes, les recommandations des chercheurs seraient teintées de leurs propres valeurs et idéologies politiques, nonobstant les connaissances disponibles. Il serait donc faux de prétendre que, de par leur fonction, les chercheurs ont une vision objective quant aux connaissances à prioriser et à la façon dont elles devraient influer sur les décisions du public ciblé. De surcroît, l’avancée de certaines technologies (ex. : le séquençage d’ADN) pose d’emblée des questionnements éthiques pour lesquels les réponses ne suivent pas le rythme des développements scientifiques [2]. Dès lors, pour le chercheur qui désire influencer les décisions politiques afin, par exemple, de rendre disponible une nouvelle technologie, l’action est périlleuse d’un point de vue éthique.

Néanmoins, les chercheurs se sont depuis longtemps engagés dans la sphère politique et sociale, à un degré variable d’éloignement des conventions scientifiques. À un bout du spectre, ces actions comprennent, entre autres, la participation à des comités aviseurs, des panels d’experts et des commissions parlementaires ou encore, à des cafés scientifiques et des rencontres citoyennes [2]. Ce type d’actions correspond davantage aux normes scientifiques [2] et au rôle de gardien et informateur de la vérité de faits [7]. À l’autre bout du spectre, le chercheur agit sous l’angle de l’activisme politique (advocacy) et de la prise de position active. Ces stratégies incluent l’agenda-building, qui vise à occuper le terrain politique et médiatique [2], la collaboration avec les instances de diverses organisations sociopolitiques telles que les associations professionnelles, les syndicats et les organismes de représentation citoyenne, voire la participation dans ces instances. La collaboration avec de telles organisations peut générer des tensions éthiques lorsque, notamment, les objectifs du chercheur varient des visées de l’organisation [2]. Pour les tenants de cette implication dans la sphère sociale et politique [3,8], les actions réalisées se justifient néanmoins de par la visée ultime des recherches, à savoir améliorer le mieux-être de la population. En effet, une connaissance inutilisée par un public donné se révèle une connaissance inutile au regard de l’atteinte de l’objectif final, avec parfois des conséquences sociales graves [3]. Ainsi, pour atteindre son objectif, le rôle du chercheur doit nécessairement passer de la production des connaissances pour s’étendre à la participation à des activités, dans des milieux variés, et ce, afin de devenir un acteur de changement fondé sur les connaissances [3,8]. Plus encore, pour Bourdieu, l’action politique dans le sens strict du terme (création d’un projet politique) fait partie du rôle du chercheur [3]. Pour lui, la dichotomie entre le travail scientifique (scholarship) et l’engagement (commitment) est fallacieuse et se veut un refuge vers la pureté donnant bonne conscience au chercheur. Pour les tenants de cette position, seul existe le savoir engagé. Or, tel qu’ici envisagé, le savoir engagé soulève la question plus large de la répartition du pouvoir entre le chercheur et les publics ciblés [3,8]. Si le rôle du chercheur est d’améliorer le mieux-être de la population, ses projets de recherche devraient s’ancrer dès le départ dans les besoins des personnes concernées et les impliquer dès les premières étapes de la phase de production des connaissances (co-construction du savoir). Ainsi, les utilisateurs de connaissances deviennent des partenaires égalitaires des chercheurs qui ne sont plus seuls détenteurs du savoir et de l’expertise [8].

Les deux précédentes sections ont permis de poser la dualité du format du message et du rôle social du chercheur qui oppose, respectivement, les conventions scientifiques et les principes d’une communication efficace ainsi que le chercheur révélateur de la vérité et le chercheur activiste de la sphère politique.

Malgré cette réflexion, plusieurs questionnements éthiques demeurent face au rôle du chercheur en matière de transfert de connaissances, certains explorés sous forme visuelle par l’artiste Karine Turcot dans son œuvre « Médecine à deux vitesses à la manière de SUCCESs » ou « Deux poids deux mesures ou Quod licet Iovi, non licet bovi c’est-à-dire: “ce qui est permis à Jupiter ne l’est pas aux vaches” ». Quelle est la finalité de la recherche et qui la détermine? Qui détermine le rôle du chercheur et comment? Le rôle du chercheur en matière de transfert de connaissances implique-t-il nécessairement l’obligation que les connaissances soient utilisées et est-il le seul responsable de leur utilisation? Cette obligation potentielle s’inscrit-elle dans une conception marchande de la science? Le rôle du chercheur varie-t-il selon la nature du contexte? Y a-t-il des limites au rôle du chercheur en transfert de connaissances à ne pas franchir et si oui, quelles sont-elles? Quelles balises devraient être utilisées pour les déterminer? Ces limites diffèrent-elles selon le public ciblé et selon le contexte? Y a-t-il des publics qui devraient être prioritairement visés et d’autres qui ne devraient jamais être visés? Toute connaissance doit-elle être utilisée? Comment déterminer les connaissances à être utilisées? Le milieu académique actuel et l’organisation sociale soutiennent-ils ou entravent-ils le rôle du chercheur en transfert des connaissances, et de quelles façons? Dans le but de définir plus précisément le rôle social du chercheur et de guider les actions liées à ce rôle, la réflexion concernant ces questionnements éthiques mériterait d’être approfondie.

Conclusion

Afin d’améliorer les conditions de vie et le mieux-être de la population, la société attend des chercheurs qu’ils produisent des connaissances et partagent le fruit de leurs recherches. Or, les résultats obtenus en termes de transfert de connaissances demeurent modestes. Une hypothèse explicative de ces résultats est que les stratégies utilisées sont peu adaptées aux principes de communication efficace et aux contextes propres à chaque situation. La communication des résultats de recherche selon ses principes et à l’aide de stratégies variées peut mener le chercheur à s’éloigner des conventions de la communication scientifique et de son rôle traditionnel, soulevant de ce fait des questionnements éthiques.

Le projet lancé dans le contexte d’Art + Bioéthique se voulait une démarche exploratoire de ces questionnements. Dans « Médecine à deux vitesses à la manière de SUCCESs » ou « Deux poids deux mesures ou Quod licet Iovi, non licet bovi c’est-à-dire: “ce qui est permis à Jupiter ne l’est pas aux vaches” », l’artiste Karine Turcot a exploré, sous forme visuelle, les symboles, les intérêts et les interrelations liés à chacun des publics visés par le transfert de connaissances, de même que les pièges inhérents à la communication. Les chercheurs ont pour leur part exploré sommairement les questionnements éthiques liés à l’utilisation des principes de communication efficace et à l’activisme. Cette analyse pose le contraste, d’une part, entre les conventions scientifiques relatives à la communication des résultats de recherche et les principes de communication efficace et, d’autre part, entre le rôle d’expert-conseil et celui d’activiste du chercheur. Cette dichotomie exposée pose la nécessité de définir plus précisément le rôle social du chercheur et les actions liées à ce rôle, selon les publics ciblés et le contexte. Plus largement, l’analyse soulève des questions quant à la finalité de la recherche, l’utilisation des connaissances générées, la place des utilisateurs de connaissances dans le processus même de production de ces connaissances et le rôle d’autres acteurs dans le partage du savoir, incluant l’organisation académique et sociale. 

Références

  1. Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Instituts de recherche en santé du Canada. Énoncé politique des Trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains. Décembre 2014.
  2. Scheufele D.A. Science communication as political communication. PNAS. 2014; 111(4): 13585-13592.
  3. Bourdieu P. Pour un savoir engagé. Le Monde Diplomatique. Fév 2002;
  4. Contandriopoulos D, Lemire M, Denis JL, Tremblay É. Knowledge exchange processes in organizations and policy arenas: a narrative systematic review of the literature. Milbank Q. 2010; 88(4): 444-83.
  5. Heath C, Heath D. Made to Stick. Why Some Ideas Survive and Others Die. New York : Random House; 2007.
  6. Turcotte-Tremblay AM, Fregonese F, Alam N. Ethical considerations of dissemination and restitution of findings in global health research. BioéthiqueOnline. 2013; 2/7.
  7. Arendt H. La crise de la culture. Saint-Amant : Folio Essais; 2007.
  8. Barge JK, Shockley-Zalabak Engaged scholarship and the creation of useful organizational knowledge. J Applied Comm Res. 2008; 36(3): 251-265.